BAC À 40 ans

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

BAC. À 40 ans, je passe l’examen avec mon fils de

16 ans. Si je l’ai, ce sera grâce à lui

Publié le 11-06-2016 à 09h29 - Modifié à 17h27
6 réactions | 6336 lu
Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

Avatar de Jean-Benoît Tulowa

Par 
Candidat au bac

LE PLUS. Ils ont 24 ans d’écart et ils passent le baccalauréat en même temps. Jean-Benoît Tulowa, 40 ans, et son fils Grégory, 16 ans tenteront de décrocher le précieux sésame ensemble. Une expérience rare et précieuse pour ce père de famille qui, après avoir arrêté l’école à 13 ans, a repris ses études l’année dernière. Témoignage.

Édité et parrainé par Anaïs Chabalier

PARTAGERPartager sur TwitterPartager sur Google+Partager sur LinkedinEnvoyer cet article à un ami
RÉAGIR6

Jean-Benoît Tulowa et son fils Grégory ont 24 ans d’écart, mais passent le bac en même temps (Crédit : Jean-Benoît Tulowa)

À 40 ans, je me suis lancé un défi un peu fou : obtenir mon baccalauréat. Pour me soutenir dans ce projet, j’ai un partenaire de choix, Grégory, mon fils de 16 ans, qui passe lui aussi les épreuves  cette année.

J’ai arrêté l’école à 13 ans

J’ai grandi à l’île Maurice et j’ai arrêté l’école à 13 ans, pour travailler dans la restauration, comme toute ma famille.

À 19 ans, j’ai été gérant dans le restaurant familial, et un an plus tard, j’ai décidé de vivre en France. Sans diplômes, je me suis dirigé vers le secteur de la grande distribution et j’ai fini par devenir cadre.

Pour autant, l’envie d’être à la tête d’un restaurant ne m’a jamais quitté. Mon rêve ? Ouvrir un restaurant-cabaret dans lequel je pourrais proposer des soirées à thème.

Je me suis donc concentré sur ce projet, mais je me suis vite rendu compte qu’il me manquait certaines connaissances, notamment sur le plan administratif, mais aussi sur les questions d’hygiène et de sécurité.

Mes profs sont plus jeunes que moi

J’ai donc décidé de reprendre mes études l’année dernière, en m’inscrivant en bac pro commerce. Je redoutais le fait de devoir retourner sur les bancs de l’école, car j’avais peur de me retrouver face à des élèves bien plus jeunes que moi.

Finalement, tout s’est bien passé : dans ma classe, il y a toutes les générations. Par contre, certains de mes enseignants sont plus jeunes que moi. C’est une sensation assez étrange.

En plus des cours, j’ai dû apprendre à réviser, ce qui n’est pas chose facile. Dans ces moments-là, j’aime bien être seul dans ma chambre, afin de me concentrer. Mais régulièrement, avec mon fils, qui prépare le baccalauréat littéraire, nous nous retrouvons pour bachoter ensemble.

C’est un bon élève : à 16 ans, il a sauté deux classes. Alors, il me donne donc des conseils pour que je progresse dans certaines matières, en me faisant réciter mes fiches de vocabulaire espagnol par exemple.

Il m’explique aussi ce qu’est une bonne méthodologie. En français, par exemple, il m’aide à trouver des phrases d’accroches, afin que je réussisse mon épreuve de rédaction. C’est un exercice auquel je ne suis pas habitué.

“Tu as du courage papa”

Nous sommes rigoureux dans nos révisions. Grégory essaye d’être matinal pour bachoter toute la journée. Quant à moi, je suis encore en cours, alors je révise le matin, avant d’aller en classe, en me levant à 5h. Le soir aussi, je me replonge dans mes livres de 23h à minuit. Ma motivation rend mon fils fier de moi. Pas plus tard qu’hier, il m’a dit :

“Tu as du courage papa, tu vas réussir.”

Cette motivation, je la lui dois. Le voir réviser me donne envie d’en faire autant. D’ailleurs, une sorte de concurrence bienveillante s’est installée entre nous. Il m’arrive souvent de le taquiner en lui disant, sur le ton de la plaisanterie :

“Je vais avoir mon bac et toi tu vas le rater !”

Ça le fait rire, mais plus important encore : ça le pousse à tout mettre en œuvre pour réussir.

Ce que nous vivons est rare

Mes proches sont aussi très fiers de moi et m’encouragent dans ma démarche. Ils sont très touchés par le fait que je partage cette expérience avec mon fils. Je sais que ce que nous vivons et très rare. Ma tante m’a d’ailleurs dit :

“Si je le pouvais, je ferais un film sur toi !”

Ces encouragements qui me sont destinés donnent à mon fils Grégory l’envie de montrer de quoi il est capable. Je le sais car nous avons le même caractère. D’ailleurs, nous avons toujours été très complices. On se confie et on rigole beaucoup, à tel point que les gens nous prennent souvent pour des frères. En réalité, c’est mon meilleur ami.

L’essentiel, c’est que mon fils ait le bac

Malgré le soutien sans faille de mon entourage, mon stress augmente au fil des jours. La veille du baccalauréat, j’essayerai de relâcher la pression, en allant prendre l’air. J’en ai vraiment besoin !

Tout ce que j’espère, c’est que nous réussirons tous les deux. Dans ce cas, j’ouvrirai une bonne bouteille pour fêter ça. Pour autant, rater le bac ne m’empêchera pas d’avancer : le plus important, c’est que mon fils l’obtienne.

Nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, je me concentre sur mes derniers jours de révision et je mets tout en œuvre pour y arriver car si j’échoue, Grégory sera très déçu. Alors j’y crois : j’aurai mon bac. Et ce sera un peu grâce à mon fils.

Propos recueillis par Anaïs Chabalier.

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »